Format de facture électronique : Factur-X, UBL ou CII ?
En résumé : prends Factur-X. C’est le seul des trois formats du socle qui reste un PDF lisible à l’écran, et c’est celui que ton logiciel produira de toute façon. Mais le choix du format n’est pas la question qui compte : ta plateforme agréée convertit d’un format à l’autre. Ce qui compte, c’est le profil de données que ton logiciel remplit, et si tes taux de TVA travaux et ton autoliquidation de sous-traitance y sont codés proprement.
- Trois formats au socle : Factur-X (hybride PDF + XML), UBL et CII (XML pur). Un seul suffit.
- Factur-X, c’est ton PDF habituel avec un fichier XML agrafé à l’intérieur. À l’écran, rien ne change.
- Le vrai sujet, c’est le profil : BASIC WL ne porte pas le détail de tes lignes. Vise BASIC ou EN 16931.
- L’autoliquidation en sous-traitance devient un code, plus une phrase en bas de page.
- Si tu factures des particuliers, ton obligation s’appelle e-reporting, pas facture électronique.
Factur-X, en une phrase
Factur-X est un format de facture électronique hybride : un fichier PDF/A-3 lisible à l’écran, qui contient à l’intérieur un fichier XML lisible par une machine. Le même document sert donc à l’humain qui le regarde et au logiciel qui l’intègre.
Un PDF envoyé par mail n’est pas une facture électronique
Ce n’est pas le mode d’envoi qui fait la facture électronique. C’est le fait que la machine d’en face puisse lire ton document sans qu’un humain le retape.
Tu envoies déjà tes factures en PDF. Depuis des années. Et tu t’es probablement dit que la réforme, tu l’avais déjà faite sans t’en rendre compte. C’est le malentendu le plus répandu du sujet, et il vaut la peine de le tuer tout de suite.
La DGFiP écrit qu’une facture électronique doit respecter un format donné (UBL, CII ou un format mixte associant données structurées et fichier image) et transiter par une plateforme agréée. Un PDF scanné, ou un PDF joint à un mail, ne coche ni l’une ni l’autre de ces cases. Il n’est pas structuré, et il ne passe nulle part.
Pourquoi tant d’histoires pour un fichier ? Parce que ton PDF, l’administration ne sait pas le lire. Ton client non plus, en réalité : sa comptable ouvre le document et ressaisit à la main le montant HT, la TVA, la référence.
Le format structuré supprime cette ressaisie. C’est tout ce que la réforme cherche à obtenir. Et c’est aussi pourquoi elle n’acceptera pas un document que seul un œil humain sait décoder.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe un format qui coche les deux cases sans rien changer à ce que ton client voit. C’est Factur-X. Un PDF, à l’écran, exactement comme avant. Avec un fichier de données caché dedans.
Les trois formats du socle, et pourquoi tu n’as pas à choisir
La réforme française s’appuie sur une norme AFNOR, la XP Z12-012, qui définit les formats et profils constitutifs du socle minimal applicable à la réforme. Trois formats y figurent. Tous les trois descendent de la même norme européenne, l’EN 16931, qui décrit ce que doit contenir une facture, champ par champ.
| Format | Ce que c’est | Lisible par un humain | Son terrain |
|---|---|---|---|
| Factur-X | Hybride : un PDF/A-3 qui contient un XML CII | Oui, c’est un PDF normal | TPE, artisans, tous ceux dont le client veut aussi voir le document |
| UBL | XML pur (Universal Business Language) | Non, aucune représentation visuelle | Marché public européen, réseau Peppol, éditeurs |
| CII | XML pur (Cross Industry Invoice, UN/CEFACT) | Non, aucune représentation visuelle | Grands comptes, filières industrielles et logistiques |
Le verdict, pour un artisan du bâtiment : Factur-X. C’est le seul format lisible sans outil, donc le seul que ton client peut ouvrir. UBL et CII servent des chaînes d’achat automatisées où plus personne ne regarde le document.
Voilà la partie qu’on te dit rarement franchement : ce choix n’est pas le tien, et il n’a pas beaucoup d’importance. Les factures transitent par une plateforme agréée, immatriculée par l’État, et cette plateforme sait convertir d’un format du socle vers un autre. Ton client reçoit ce que sa propre plateforme lui sert. Tu émets ce que ton logiciel sait produire.
Donc si un commercial t’explique que sa solution est meilleure parce qu’elle gère les trois formats, il te vend une case à cocher. Ce qui compte, c’est qu’elle en produise un correctement, et qu’elle soit raccordée à une plateforme agréée. Le reste est du décor.
Pour un artisan, le format qui a du sens, c’est Factur-X. Pas pour une raison technique : parce que ton client, lui, veut encore voir sa facture. Un fichier UBL ouvert dans un navigateur, c’est une page de balises. Ton client particulier ou ton donneur d’ordre veulent un document. Factur-X leur donne les deux dans le même fichier.
Factur-X : un PDF avec un XML agrafé dedans
Factur-X est co-édité par la FNFE-MPE et son homologue allemand FeRD. Côté allemand, le même format s’appelle ZUGFeRD. Techniquement, ce sont deux noms pour un seul objet, et tous deux implémentent la norme européenne EN 16931, publiée en 2017.
Concrètement, le fichier est un PDF au format PDF/A-3 — une variante du PDF prévue pour archiver et pour porter des pièces jointes. À l’intérieur, un fichier XML. Tu double-cliques : tu vois ta facture, avec ton logo, ta mise en page, tes lignes. Ton expert-comptable, lui, ouvre le même fichier dans son logiciel et récupère les données sans en retaper une ligne.
Ce XML, tu ne le verras jamais. Mais ça vaut le coup de savoir à quoi il ressemble, parce que c’est là que se joue tout ce dont on parle plus bas. Voici la partie qui décrit la TVA d’une facture de rénovation à deux taux :
<!-- Ventilation de TVA, extrait du XML embarqué dans le PDF -->
<ram:ApplicableTradeTax>
<ram:CalculatedAmount>301.52</ram:CalculatedAmount>
<ram:TypeCode>VAT</ram:TypeCode>
<ram:BasisAmount>3015.20</ram:BasisAmount>
<ram:CategoryCode>S</ram:CategoryCode>
<ram:RateApplicablePercent>10.00</ram:RateApplicablePercent>
</ram:ApplicableTradeTax>
<ram:ApplicableTradeTax>
<ram:CalculatedAmount>145.20</ram:CalculatedAmount>
<ram:TypeCode>VAT</ram:TypeCode>
<ram:BasisAmount>2640.00</ram:BasisAmount>
<ram:CategoryCode>S</ram:CategoryCode>
<ram:RateApplicablePercent>5.50</ram:RateApplicablePercent>
</ram:ApplicableTradeTax>Regarde bien ce qui est écrit là. Deux blocs, deux bases HT, deux taux, deux montants de TVA. Et un code de catégorie, S, qui dit « TVA standard due par le fournisseur ». Rien de tout ça n’est du texte libre. Chaque valeur a sa place, et un contrôle automatique vérifie que la somme des lignes tombe juste avec la base, et la base avec le total.
C’est là que la facturation change de nature. Aujourd’hui, une erreur de TVA sur un devis passe inaperçue jusqu’au contrôle. Demain, elle est calculée, transmise et recoupée à la seconde où tu envoies.
Tu veux voir d’où sortent ces données avant d’aller plus loin ? Le modèle de devis plombier montre la trame par postes et par taux dont le XML est tiré. Rien à donner, pas d’inscription.
Les profils : le vrai piège du format
Tous les articles sur le sujet s’arrêtent au nom du format. C’est dommage, parce que deux fichiers Factur-X peuvent contenir des choses radicalement différentes. Factur-X n’est pas un moule unique : c’est une famille de cinq profils, du plus pauvre au plus riche.
| Profil | Ce qu’il porte | Ce que ça vaut pour toi |
|---|---|---|
| MINIMUM | En-tête et totaux, rien d’autre | Hors socle. Ne suffit pas pour la réforme. |
| BASIC WL | En-tête, pied, ventilation de TVA — mais pas les lignes | Retenu dans le socle français. Le plancher, pas la cible. |
| BASIC | BASIC WL plus le détail des lignes | Le premier profil qui porte vraiment tes postes de devis. |
| EN 16931 | Toutes les données de la norme européenne | Ce que tu veux voir dans la fiche technique de ton logiciel. |
| EXTENDED | EN 16931 plus des champs métier avancés | Pour les flux complexes. Pas ton problème. |
Source des profils : la spécification Factur-X publiée par la FNFE-MPE. Le profil retenu dans le socle français est décrit par la norme AFNOR XP Z12-012.
Le détail qui devrait t’intéresser tient dans deux lettres : WL, pour without lines. Le profil BASIC WL retenu au socle français est une facture hybride sans le détail des lignes en données structurées. En-tête, pied de facture, ventilation de TVA : oui. Tes postes de devis, un par un : non.
Est-ce que c’est légal ? Oui. Est-ce que ça te suffit ? Ça dépend de qui te paie. Si tu factures des particuliers et des petites entreprises, personne ne remarquera. Si tu travailles en sous-traitance pour une entreprise générale ou un bailleur social, leur système va chercher à rapprocher ta facture de leur commande, ligne à ligne. Sans les lignes, ce rapprochement échoue, et ta facture part en traitement manuel. C’est-à-dire au fond de la pile.
Ma règle, et je l’assume : ne signe pas pour un logiciel qui plafonne au BASIC WL. Demande par écrit quel profil il émet. Si la réponse est BASIC, EN 16931 ou EXTENDED, tu es tranquille. Si la réponse est « on est conformes », ce n’est pas une réponse.
Si tu factures des particuliers, ton obligation est ailleurs
Voilà le point que pas un seul article sur les formats ne traite, alors qu’il concerne la majorité des artisans du bâtiment.
L’obligation d’émettre une facture électronique vise les échanges entre assujettis à la TVA. Ta cliente qui refait sa salle de bain n’en est pas une. Ta facture pour elle ne part donc pas dans le circuit de la facture électronique.
Elle part quand même quelque part. La DGFiP appelle ça le e-reporting : les opérations de ventes ou de prestations de service avec des personnes non assujetties, dont les données de transaction et, dans certains cas, de paiement, sont transmises à l’administration par ta plateforme agréée.
Traduction en langage de chantier : tu ne factures peut-être aucun professionnel de l’année, tu as quand même besoin d’une plateforme agréée et d’un logiciel qui sait produire des données structurées. Le format n’a pas disparu du problème. Il a juste changé de porte.
Sur le calendrier, une seule date compte pour un artisan seul ou en petite équipe : le 1er septembre 2026, tu dois pouvoir recevoir les factures électroniques de tes fournisseurs. L’obligation d’émettre, et celle de transmettre tes données, ne t’atteignent qu’au 1er septembre 2027. Un an de plus, ce n’est pas une raison d’attendre : c’est le temps qu’il te faut pour choisir un outil sans te faire forcer la main.
Les quatre champs qui coincent dans le bâtiment
Le bâtiment facture rarement comme un vendeur de fournitures de bureau. Quatre habitudes du métier deviennent, dans un format structuré, des champs qu’il faut renseigner correctement.
1. Deux taux de TVA sur la même facture
Une rénovation à 10 %, un chauffe-eau thermodynamique à 5,5 %, une extension à 20 % : ça arrive tout le temps. Dans le format, chaque ligne porte son taux, et la facture porte autant de blocs de ventilation que de taux appliqués. Un logiciel qui ne gère qu’un taux par document te force à couper ton chantier en deux factures — et à expliquer pourquoi à ton client.
2. L’autoliquidation en sous-traitance
Quand tu travailles en sous-traitance pour une entreprise assujettie, la TVA est due par le donneur d’ordre et non par toi. Aujourd’hui, tu écris « Autoliquidation » en bas du document. Dans un format structuré, ça devient un code de catégorie de TVA — « AE » au lieu de « S » — avec un taux à 0 % et un motif d’exonération. La phrase seule ne suffit plus : elle n’est plus lue.
3. Acomptes et situations de travaux
Une facture d’acompte et une situation mensuelle sont des factures à part entière, avec leurs propres données structurées, et un lien vers le document qu’elles complètent. Si ton logiciel les gère comme de simples PDF à côté du devis, tu vas les découvrir au moment où il faudra les transmettre.
4. La retenue de garantie
Les 5 % retenus par le maître d’ouvrage ne sont pas une remise : ils ne changent ni ta base de TVA ni ton total facturé, seulement le montant à payer tout de suite. Un logiciel qui les soustrait du total HT te fait déclarer moins de TVA que tu n’en dois. Vérifie ce point précis avant de signer.
Le régime d’autoliquidation cité ci-dessus est celui décrit par Service-public pour les travaux réalisés en sous-traitance dans le bâtiment. Le taux de retenue de garantie de 5 % est le plafond usuel des marchés privés de travaux ; c’est ton contrat qui fait foi, pas cet article.
Les quatre mentions à ajouter, et celle qui va te faire du travail
La réforme n’ajoute pas seulement un format. Elle ajoute quatre mentions obligatoires à celles que tu connais déjà.
- Le numéro de SIREN de ton client, quand c’est une entreprise.
- L’adresse de livraison des biens, si elle diffère de l’adresse de facturation.
- La nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux.
- La mention de l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, si tu l’as prise.
Trois de ces quatre mentions ne te coûteront rien : ton logiciel les remplira tout seul. La quatrième, si. Le SIREN de ton client, tu ne l’as probablement nulle part. Ouvre ta liste de clients professionnels. Combien ont un SIREN renseigné ? Chez la plupart des artisans que je croise, la réponse est : aucun.
C’est le seul chantier administratif réel de la réforme, et il se fait à la main, une fois. Trente clients pros, deux minutes chacun sur l’annuaire des entreprises. Une heure de ta vie, un soir, plutôt que trente factures bloquées à la rentrée.
La troisième mention mérite un mot pour le bâtiment. « Livraison de biens ou prestation de services » : sur un chantier de fourniture et pose, c’est les deux. La case existe. Utilise-la, plutôt que de forcer ton chantier dans une catégorie qui ne lui va pas.
Le reste des mentions n’a pas bougé, et elles restent la première cause de facture contestée. Si tu veux les revoir en entier, c’est dans les mentions obligatoires d’un devis bâtiment.
Le chantier de Sofiane, du devis à la facture Factur-X
Sofiane est plombier, seul, en région lyonnaise. Il refait une salle de bain dans un appartement de 1974 et remplace au passage le cumulus par un chauffe-eau thermodynamique. Un chantier banal. Il devient intéressant à l’instant où il faut le coder.
| Poste | Quantité | Montant HT | TVA |
|---|---|---|---|
| Dépose des sanitaires et évacuation des gravats | 1 FF | 480,00 € | 10 % |
| Alimentation multicouche encastrée | 4,60 ml | 285,20 € | 10 % |
| Fourniture et pose WC suspendu + bâti-support | 1 U | 940,00 € | 10 % |
| Fourniture et pose receveur extra-plat + paroi | 1 U | 1 310,00 € | 10 % |
| Fourniture et pose chauffe-eau thermodynamique 200 L | 1 U | 2 640,00 € | 5,5 % |
Source des montants : exemple pédagogique construit pour l’article, pas un barème de référence. Les taux de TVA travaux appliqués suivent les règles rappelées dans nos articles sur la conformité du devis.
Le PDF que reçoit la cliente n’a rien d’exotique : quatre lignes à 10 %, une ligne à 5,5 %, un pied de facture. Le XML embarqué, lui, contient deux blocs de ventilation de TVA — ceux que tu as vus plus haut. Base de 3 015,20 € à 10 %, soit 301,52 € de TVA. Base de 2 640,00 € à 5,5 %, soit 145,20 €. Total HT 5 655,20 €, TVA 446,72 €, total TTC 6 101,92 €.
Un centime d’écart entre la somme des lignes et la base déclarée, et le fichier est rejeté. Pas par un contrôleur : par un script, en quelques secondes, avant même d’arriver chez ta cliente. C’est brutal, mais c’est honnête : tu sais tout de suite que ça coince.
Change une seule chose à ce chantier : Sofiane ne travaille plus pour la propriétaire, mais en sous-traitance pour une entreprise générale. Les postes ne bougent pas. La ventilation, si. Un seul bloc, base 5 655,20 €, code de catégorie « AE », taux 0 %, motif d’exonération renseigné, TVA à zéro. La mention « Autoliquidation » reste imprimée sur le PDF pour l’humain, mais ce qui compte désormais est le code.
Retiens ce basculement, il résume tout l’article : ce que tu écrivais en bas de page devient une donnée. Une donnée qui se code, se valide et se recoupe.
La checklist des mentions obligatoires, mise à jour 2026
Les mentions d’un devis et d’une facture bâtiment, plus les quatre ajoutées par la réforme. À cocher avant chaque envoi. Gratuit.
Pas de spam. Désinscription en 1 clic. Vos données restent en France.
Produire du Factur-X sans monter une usine à gaz
Réponse courte : tu ne le produis pas toi-même. Ni dans Word, ni dans Excel, ni avec un module gratuit trouvé un dimanche soir.
Un fichier Factur-X valide suppose un PDF au bon profil d’archivage, un XML conforme à un schéma et à un jeu de règles de gestion, des totaux cohérents au centime, et un dépôt sur une plateforme agréée. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part : c’est le travail d’un logiciel.
Ce que tu as réellement à faire tient en trois décisions.
- 1
Choisir ta plateforme agréée
C’est l’action à faire avant le 1ᵉʳ septembre 2026, parce qu’elle conditionne la réception. Beaucoup de logiciels de facturation en embarquent une ou s’y raccordent : vérifie auprès du tien avant d’aller en chercher une séparément.
- 2
Vérifier le profil que ton logiciel émet
Pose la question par écrit, et attends le mot exact : BASIC, EN 16931 ou EXTENDED. « Conforme Factur-X » ne veut rien dire tant que le profil n’est pas nommé.
- 3
Nettoyer ta base clients
Le SIREN de tes clients professionnels, et les adresses de chantier quand elles diffèrent de l’adresse de facturation. C’est la seule partie que personne ne peut faire à ta place.
Et si tu prends du retard ? La DGFiP a publié un guide pratique de démarrage qui annonce qu’il n’y aura pas d’application des sanctions aux entreprises en difficulté mais engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité, tout en précisant que cette approche « ne constitue ni un report ni une suspension de l’obligation ». Autrement dit : montre que tu avances, et on te laisse avancer.
Les sanctions existent bel et bien dans les textes. L’amende pour défaut d’émission sous forme électronique est de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile, et le défaut de transmission des données relève de l’article 1788 D du CGI, qui prévoit un droit à l’erreur pour une première infraction régularisée spontanément ou dans les trente jours.
Une facture propre commence par un devis propre
Tout ce qui doit être codé dans ta facture existe déjà dans ton devis : les postes, les quantités, les taux de TVA, le régime de TVA du client. Si ton devis est fait à la main dans un tableur, tu ressaisiras tout, deux fois, avec une chance sur deux de te tromper sur un taux. C’est là que Artisania intervient : tu décris le chantier à la voix en sortant du rendez-vous, les lignes sortent chiffrées à tes prix avec le bon taux, et la facture reprend le devis sans que tu retapes une ligne.
Essai 14 jours · Sans carte bancaire · Données hébergées en France
Questions fréquentes
Quel format de facture électronique choisir : Factur-X, UBL ou CII ?
Pour un artisan du bâtiment, Factur-X. C’est le seul des trois qui reste lisible à l’œil : c’est un PDF normal, avec un fichier XML attaché à l’intérieur. UBL et CII sont du XML pur, sans aucune représentation visuelle. Mais la vraie réponse est que tu n’as pas à choisir : les trois formats appartiennent au socle minimal de la réforme française, ta plateforme agréée sait convertir de l’un vers l’autre, et il suffit que ton logiciel en produise un seul. La question utile n’est pas « quel format », c’est « quel profil de données ».
Un PDF envoyé par mail est-il une facture électronique ?
Non. Selon la DGFiP, une facture électronique doit respecter un format structuré (UBL, CII, ou un format mixte associant données structurées et fichier image) et transiter par une plateforme agréée. Un PDF scanné ou envoyé par mail ne remplit ni l’une ni l’autre de ces conditions. En revanche, un PDF au format Factur-X, lui, en est une : c’est le même PDF à l’écran, mais il embarque un fichier XML que la machine du destinataire sait lire.
Quelle est la différence entre Factur-X et ZUGFeRD ?
Aucune, techniquement. Factur-X est le nom français et ZUGFeRD le nom allemand du même format, co-édité par la FNFE-MPE et son homologue allemand FeRD. Les deux implémentent la norme européenne EN 16931. Une facture Factur-X émise en France est lue sans conversion par un logiciel allemand, et l’inverse est vrai aussi.
Je facture surtout des particuliers : la réforme me concerne-t-elle ?
Oui, mais pas par la facture électronique. Une facture adressée à un particulier n’entre pas dans le champ de l’obligation d’émission, qui vise les échanges entre assujettis à la TVA. Elle entre en revanche dans le champ du e-reporting : les données de la transaction, et dans certains cas celles du paiement, doivent être transmises à l’administration par une plateforme agréée. Le format t’intéresse quand même, parce que ce sont les mêmes données structurées qui alimentent le e-reporting.
Comment l’autoliquidation de la TVA en sous-traitance se traduit-elle dans le format ?
Par un code, pas par une phrase. Aujourd’hui tu écris « Autoliquidation » en bas du PDF et ça suffit. Dans un format structuré, la ventilation de TVA porte un code de catégorie : « S » pour un taux normal ou réduit ordinaire, « AE » pour l’autoliquidation, avec un taux à 0 % et un motif d’exonération. Si ton logiciel se contente d’imprimer la mention dans le corps du document sans renseigner le code, ta facture peut être rejetée ou mal interprétée par la comptabilité de ton donneur d’ordre.
Puis-je générer un fichier Factur-X moi-même ?
Techniquement oui, personne ne t’en empêche : c’est un PDF/A-3 avec une pièce jointe XML nommée selon la spécification. En pratique, non. Le XML doit être valide au regard d’un schéma et d’un jeu de règles de gestion, les montants doivent être cohérents au centime près entre les lignes, la ventilation de TVA et les totaux, et la facture doit ensuite être déposée sur une plateforme agréée. C’est le travail de ton logiciel de facturation, pas le tien un dimanche soir.
Sources
Tout ce qui touche au calendrier, aux formats, aux mentions et aux sanctions vient de sources primaires : DGFiP, Légifrance, ministère de l’Économie, FNFE-MPE. Les montants du chantier de Sofiane sont un exemple pédagogique construit pour l’article.
- Je découvre la facturation électronique — DGFiP — impots.gouv.fr, consulté le 13 août 2026 · source primaireCalendrier officiel (réception au 1ᵉʳ septembre 2026, émission des TPE au 1ᵉʳ septembre 2027), définition de la facture électronique, formats du socle et périmètre du e-reporting.
- Spécifications externes et normes pour la facturation électronique (norme AFNOR XP Z12-012) — DGFiP — impots.gouv.fr, consulté le 13 août 2026 · source primaireLa norme qui définit « les formats et profils des messages Factures et Statuts de cycle de vie constitutifs du socle minimal » de la réforme française.
- Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1ᵉʳ septembre 2026 — DGFiP — impots.gouv.fr, consulté le 13 août 2026 · source primaireConduite à tenir pendant la phase de démarrage, article 289 bis du CGI, et position de l’administration sur les sanctions en cas de difficulté documentée.
- Factur-X — le format hybride franco-allemand — FNFE-MPE (Forum National de la Facture Électronique), consulté le 13 août 2026 · source primaireDéfinition du format par l’organisme qui le co-édite : PDF/A-3 porteur d’un XML CII, identité technique avec ZUGFeRD, implémentation de la norme EN 16931, et les cinq profils de données.
- Article 1737 du Code général des impôts — Légifrance, consulté le 13 août 2026 · source primaireAmende de 50 € par facture non émise sous forme électronique, plafonnée à 15 000 € par année civile.
- Article 1788 D du Code général des impôts — Légifrance, consulté le 13 août 2026 · source primaireSanction du défaut de transmission des données de e-reporting et droit à l’erreur en cas de première infraction régularisée.
- Mentions obligatoires d’une facture : tout savoir — Ministère de l’Économie et des Finances, consulté le 13 août 2026 · source primaireLes quatre mentions ajoutées aux factures par la réforme de la facturation électronique.
- Autoliquidation de la TVA en cas de sous-traitance dans le bâtiment — Service-public Entreprendre, consulté le 13 août 2026 · source primaireRégime d’autoliquidation applicable aux travaux réalisés en sous-traitance dans le bâtiment, que le format structuré doit coder au lieu de le mentionner en texte libre.
