TVA travaux bâtiment : quel taux mettre sur ton devis
En résumé : sur un logement achevé depuis plus de deux ans, c’est 10 % pour les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien, et 5,5 % pour la rénovation énergétique. Tout le reste — neuf, moins de deux ans, local professionnel, chaudière gaz ou fioul, agrandissement — c’est 20 %. Et depuis le 16 février 2025, l’attestation Cerfa n’existe plus : ton client certifie directement sur ton devis. Sans cette mention, l’administration requalifie tout le chantier à 20 %, et c’est toi qui paies la différence.
Trouve ton taux en trois questions
Les trois questions sont posées dans l’ordre de l’article 279-0 bis du CGI, celui du contrôleur. Tu ressors avec ton taux et, s’il est réduit, la mention officielle à faire signer. Le pourquoi de chaque réponse est détaillé plus bas.
Quel taux sur ce chantier ?
Trois questions, dans l’ordre où l’administration les pose. Tu ressors avec le taux et, s’il est réduit, la mention à faire signer.
Outil d’aide à la décision fondé sur l’article 279-0 bis et l’article 278-0 bis A du CGI et sur le BOFiP du 22 octobre 2025 (sources en fin d’article). Il ne remplace pas l’examen du chantier : en cas de doute sur un cas limite, la doctrine invite à saisir la direction départementale des finances publiques.
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Quel taux pour quels travaux : le tableau
Si tu es pressé, tout est là. Les conditions et les pièges de chaque ligne sont détaillés plus bas. Sources : fiche officielle des taux de TVA sur les travaux et BOFiP — opérations concernées.
| Nature des travaux | Taux | Condition à vérifier |
|---|---|---|
| Rénovation énergétique (isolation, PAC, menuiseries isolantes, VMC) | 5,5 % | Logement achevé depuis plus de 2 ans. Les matériaux doivent respecter les critères de performance de l’annexe IV au CGI. |
| Installation solaire de 9 kWc au maximum | 5,5 % | Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025. Au-delà de 9 kWc, taux normal. |
| Amélioration, transformation, aménagement, entretien | 10 % | Logement achevé depuis plus de 2 ans, sans production d’immeuble neuf ni plus de 10 % de surface en plus. |
| Entretien ou réparation d’une chaudière existante | 10 % | Réparer, oui. Remplacer par une chaudière fossile, non. |
| Travaux d’urgence dans un immeuble de moins de 2 ans | 10 % | Parties privatives comme parties communes. |
| Fourniture et pose d’une chaudière gaz ou fioul | 20 % | Depuis le 1ᵉʳ mars 2025, systèmes hybrides à appoint fossile compris. |
| Construction, reconstruction, surélévation, agrandissement | 20 % | Au-delà de 10 % de surface de plancher en plus, apprécié sur 2 ans. |
| Local professionnel, ou logement de moins de 2 ans | 20 % | Hors travaux d’urgence. |
| Espaces verts, terrasse, allée, clôture posée seule | 20 % | Aménagement extérieur : hors du champ du taux réduit. |
| Gros équipements, électroménager, mobilier non incorporé | 20 % | Climatisation, ascenseur, sauna prêt à poser, four encastré. |
Dans les trois cas à taux réduit, la mention de certification du client sur le devis est une condition de fond, pas une formalité : sans elle, c’est 20 % sur l’ensemble.
Trois taux, mais surtout deux questions
Tout le monde retient « 10 % en rénovation, 20 % dans le neuf ». C’est une bonne approximation et une mauvaise méthode, parce qu’elle saute les deux questions qui décident réellement du taux.
Question un : une fois les travaux finis, le local sert-il d’habitation ? Ce qui compte, c’est l’usage à la fin du chantier, pas celui du départ. Un garage transformé en studio devient du logement. Un appartement transformé en cabinet médical n’en est plus un.
Question deux : le logement est-il achevé depuis plus de deux ans à la date de démarrage ? La date de démarrage des travaux, pas la date où tu as envoyé le devis. Sur une maison livrée il y a vingt-deux mois, un devis signé aujourd’hui pour un chantier qui commence dans trois mois passe le cap. L’inverse aussi.
Ces deux questions franchies, la nature des travaux tranche entre 5,5 et 10 %. Avant, elle ne sert à rien. C’est pour ça que l’outil en haut de page les pose dans cet ordre : c’est celui de l’article 279-0 bis du code général des impôts, et donc celui du contrôleur.
Deux précisions qui règlent la moitié des cas litigieux. La première : le taux réduit couvre le matériel autant que la main-d’œuvre, à condition que ce soit toi qui le fournisses et le factures. Si ton client achète sa faïence en grande surface et que tu la poses, il l’a payée à 20 % et tu factures ta pose à 10 %. Rien à faire contre ça, à part lui proposer de passer par toi.
La seconde : certains équipements restent au taux normal même dans un logement ancien. Les gros équipements — climatisation, ascenseur, sauna livré prêt à poser — les équipements ménagers, le mobilier non incorporé, le nettoyage, et l’aménagement des espaces verts. Une terrasse, une allée, une clôture posée seule : 20 %.
L’attestation TVA à taux réduit n’existe plus : ce qui la remplace
Si tu fais encore signer un formulaire 1300-SD ou 1301-SD à tes clients, tu fais signer un papier qui n’existe plus. L’article 41 de la loi de finances pour 2025 a supprimé l’attestation écrite séparée, et la FFB a acté sa disparition au 16 février 2025.
À la place, ton client certifie sur ton devis — ou sur ta facture, ou dans le marché — que les conditions du taux réduit sont remplies. Une phrase, sur un document qu’il signe déjà. Sur le papier, c’est plus simple qu’avant. En pratique, ça déplace la charge : personne ne peut plus te dire « je vous enverrai l’attestation », puisque la mention est dans le document que tu lui fais signer aujourd’hui.
Pendant huit mois, chacun a bricolé sa formulation dans son coin. L’administration a publié les siennes le 22 octobre 2025, au BOI-LETTRE-000280. Les voici, mot pour mot. C’est ce texte-là qu’il faut recopier, pas une reformulation trouvée sur un blog d’éditeur.
Travaux à 10 % · article 279-0 bis du CGI
« Je soussigné(e) …………………… (nom, prénom) certifie, en qualité de preneur de la prestation, que les travaux réalisés concernent des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans et qu’ils n’ont pas eu pour effet, sur une période de deux ans au plus, de concourir à la production d’un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l’article 257 du CGI, ni d’entraîner une augmentation de la surface de plancher des locaux existants supérieure à 10 %. »
Rénovation énergétique à 5,5 % · article 278-0 bis A du CGI
« Je soussigné(e) …………………… (nom, prénom) certifie, en qualité de preneur de la prestation, que les travaux réalisés concernent des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans, qu’ils n’ont pas eu pour effet, sur une période de deux ans au plus, de concourir à la production d’un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l’article 257 du CGI, ni d’entraîner une augmentation de la surface de plancher des locaux existants supérieure à 10 % et qu’ils ont la nature de travaux de rénovation énergétique. »
Le BOFiP admet d’autres rédactions, à condition de reprendre l’intégralité des éléments de fond. Traduction : tu peux raccourcir la forme, tu ne peux rien enlever au contenu. Le plus sûr reste de coller le modèle tel quel, une fois pour toutes, dans le pied de tes devis, juste au-dessus de la case signature.
Un détail qui a son importance et que peu de gens relèvent : la certification du client ne porte pas sur la performance des matériaux. Quand ton client signe la mention 5,5 %, il certifie l’usage du local, son ancienneté et la nature énergétique des travaux. Il ne certifie pas que ta pompe à chaleur atteint les seuils de l’annexe IV au CGI. Ça, c’est ta responsabilité, et elle ne se transfère pas.
Sous 1 000 €, tu es dispensé de la mention — mais pas de tout
Celle-là, tu ne la trouveras presque nulle part, et elle concerne pourtant la moitié de tes interventions. Pour les travaux de réparation et d’entretien inférieurs à 1 000 € TTC, le BOFiP admet que la mention de certification ne figure pas sur le devis ou la facture.
Attention au périmètre : c’est la réparation et l’entretien. Pas un chantier d’amélioration à 900 €. Un joint de chasse d’eau, un radiateur qui ne chauffe plus, une fuite sous évier, oui. Le remplacement d’un meuble de salle de bain à 800 €, non.
Et « dispensé de la mention » ne veut pas dire « rien à écrire ». Quatre informations restent obligatoires sur le document, faute de quoi tu perds le bénéfice du taux réduit malgré la dispense :
- le nom et l’adresse du client ;
- l’adresse de l’immeuble sur lequel tu interviens ;
- la nature des travaux ;
- la mention selon laquelle l’immeuble est achevé depuis plus de deux ans.
La troisième et la quatrième sont celles qu’on oublie. « Dépannage » tout court ne décrit pas la nature des travaux, et l’adresse du chantier n’est presque jamais celle de facturation. Mon conseil : ne cherche pas à gérer deux régimes. Mets la mention complète partout, y compris sur tes bons d’intervention à 180 €. Tu ne te poseras plus jamais la question du seuil, et tu ne te demanderas pas si un dépannage était de la réparation ou de l’amélioration.
Que risque l’artisan si la mention manque sur le devis ?
Là, il n’y a pas de zone grise, et la phrase du BOFiP mérite d’être lue lentement. Si les éléments n’ont pas été certifiés par le preneur, si les informations obligatoires sont incomplètes, ou si le devis ou la facture n’a pas été conservé par le prestataire, alors le taux normal s’applique à l’ensemble des prestations réalisées.
Trois choses à retenir dans cette phrase. « Incomplètes » : une mention tronquée vaut une mention absente. « Non conservé » : tu peux avoir fait signer parfaitement et perdre quand même, si tu ne retrouves pas le document. Et « l’ensemble des prestations » : ce n’est pas la ligne litigieuse qui bascule à 20 %, c’est le chantier entier.
Qui paie ? Quand ton client a certifié de bonne foi des éléments faux, c’est lui le redevable. Mais quand la certification n’a pas été produite, ou quand tu as facturé à taux réduit des équipements qui en sont exclus, le BOFiP est net : tu restes seul débiteur du complément de taxe. Sur un chantier à 16 000 € HT, l’écart entre un devis correctement ventilé et une requalification à 20 % dépasse le millier d’euros. Que tu ne peux plus refacturer, parce que le chantier est payé.
Dernière brique du dispositif, celle qu’on néglige toujours : la conservation jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation. Un chantier facturé en 2026 se justifie jusqu’au 31 décembre 2031. Le format électronique est admis, à condition qu’il reproduise l’original à l’identique et qu’il ne puisse pas être modifié après coup. Une photo du devis signé dans ta galerie, ce n’est pas ça.
Chaudières et photovoltaïque : les deux taux qui ont bougé
Deux changements récents, et les deux touchent des corps d’état entiers. Si tu es chauffagiste ou électricien, ce sont les deux paragraphes les plus rentables de cet article.
Les chaudières gaz et fioul sont passées à 20 % le 1ᵉʳ mars 2025. Fourniture et pose. Et pas seulement la chaudière elle-même : selon la CAPEB, l’exclusion vise aussi les systèmes hybrides qui associent une pompe à chaleur à un appoint fossile. Le piège est là : un artisan qui monte une hybride en pensant faire de la rénovation énergétique à 5,5 % se trompe de quinze points.
L’entretien et la réparation d’une chaudière déjà installée, eux, restent au taux réduit. La ligne de partage est simple : tu remplaces, c’est 20 % ; tu répares, c’est 10 %. Un contrat d’entretien annuel n’est pas concerné par le changement.
Le photovoltaïque est passé à 5,5 % le 1ᵉʳ octobre 2025 pour les installations d’une puissance maximale de 9 kilowatts-crête respectant les critères de performance énergétique et environnementale. C’est le mouvement inverse du précédent, et beaucoup de pages en ligne racontent encore que le solaire est exclu du taux réduit. Au-delà de 9 kWc, on revient au taux normal.
| Prestation | Taux | Depuis |
|---|---|---|
| Remplacement d’une chaudière gaz ou fioul | 20 % | 1ᵉʳ mars 2025 |
| Système hybride avec appoint fossile | 20 % | 1ᵉʳ mars 2025 |
| Entretien ou réparation d’une chaudière existante | 10 % | inchangé |
| Installation solaire de 9 kWc au maximum | 5,5 % | 1ᵉʳ octobre 2025 |
| Installation solaire de plus de 9 kWc | 20 % | 1ᵉʳ octobre 2025 |
| Pompe à chaleur, isolation, menuiseries isolantes, VMC | 5,5 % | inchangé |
Comment ventiler un devis qui mélange trois taux ?
La ventilation n’est pas une bonne pratique, c’est une obligation. Selon le BOFiP, le prestataire doit faire apparaître distinctement, dans sa comptabilité comme sur ses devis et factures, la part relevant de 5,5 %, celle relevant de 10 % et celle relevant du taux normal. Une entreprise générale qui touche à plusieurs lots techniques dans un même immeuble doit les individualiser sur la facture.
Concrètement, ça veut dire une chose : un devis avec un total unique et une TVA globale est un devis fragile. Chaque ligne porte son taux. Et le récapitulatif de fin fait apparaître trois bases séparées.
Le chantier de Sylvie, ligne par ligne
Cas d’illustration : les montants sont fictifs. Sources des règles appliquées : le BOFiP du 22 octobre 2025 et la fiche officielle des taux de TVA sur les travaux. Sylvie habite une maison de 1998. Elle te demande de refaire la salle de bain, de remplacer la chaudière, d’isoler les combles et, pendant que tu y es, de reprendre l’allée devant le garage. Un chantier banal. Trois taux dedans.
| Poste | HT | Taux | TVA |
|---|---|---|---|
| Dépose de l’ancienne salle de bain et évacuation des gravatsTravaux d’aménagement dans un logement de plus de deux ans. | 850,00 € | 10 % | 85,00 € |
| Douche à l’italienne, meuble vasque et robinetterie, fournis et posésLe matériel suit le taux de la pose parce que c’est l’entreprise qui le fournit. | 4 200,00 € | 10 % | 420,00 € |
| Carrelage mural et sol, 18 m²Travaux d’amélioration classiques. | 2 300,00 € | 10 % | 230,00 € |
| Remplacement de la chaudière gaz à condensationExclu du taux réduit depuis le 1ᵉʳ mars 2025. | 4 500,00 € | 20 % | 900,00 € |
| Isolation des combles perdus, laine soufflée, 90 m²Rénovation énergétique, sous réserve des critères de performance du matériau. | 2 700,00 € | 5,5 % | 148,50 € |
| Allée pavée devant le garageAménagement extérieur : hors du champ du taux réduit. | 1 600,00 € | 20 % | 320,00 € |
| Total | 16 150,00 € | 2 103,50 € |
Total : 16 150 € HT, 2 103,50 € de TVA, 18 253,50 € TTC. Le récapitulatif de fin de devis fait apparaître trois bases : 2 700 € à 5,5 %, 7 350 € à 10 % et 6 100 € à 20 %.
Maintenant, les deux façons de se tromper. Si tu passes tout à 10 % — l’erreur classique, « c’est de la rénovation » — tu factures 1 615 € de TVA au lieu de 2 103,50 €. Il manque 488,50 € que l’administration te réclamera, et que tu ne refactureras jamais à Sylvie.
Si tu ventiles correctement mais que la mention n’est pas sur le devis, c’est pire : 3 230 € de TVA due sur l’ensemble, contre 2 103,50 € encaissés. 1 126,50 € de ta poche, sur un chantier que tu as bien exécuté et bien chiffré. Voilà ce que vaut une phrase de six lignes au-dessus d’une signature.
Et pendant qu’on parle de chiffres justes : si la ventilation par taux te semble pénible, c’est souvent le symptôme d’un devis monté à la va-vite. Un devis structuré par poste se ventile tout seul. C’est aussi ce qui te permet de chiffrer un chantier sans te brader.
Le mémo TVA travaux, en une page
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Les cas qui coincent
Cinq situations où le réflexe habituel ne marche pas. Toutes tirées de la doctrine publiée au BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40.
Un immeuble de moins de deux ans, mais une urgence
Le taux de 10 % reste applicable aux travaux d’urgence dans un immeuble achevé depuis moins de deux ans, en parties privatives comme en parties communes. Fuite qui inonde le voisin, porte d’entrée fracturée, toiture ouverte après une tempête : tu interviens, et quand la facture ne peut pas attendre, l’usage d’habitation est présumé si la configuration du local correspond à celle d’un logement.
Un bailleur ou un syndic qui te fait intervenir vingt fois par an
Faire signer une mention à chaque bon d’intervention, c’est intenable des deux côtés. Le BOFiP le reconnaît : pour un opérateur gérant un parc important de logements, bailleur ou gestionnaire, une attestation annuelle remise à l’entreprise vaut certification pour toutes les prestations de l’année. Elle vise le contrat, la nature des prestations, ton SIRET, et la liste des adresses couvertes. Si tu travailles pour un bailleur social, demande-la en janvier. Le modèle est publié, tu peux la lui envoyer pré-remplie.
Un local mixte, logement et cabinet
Le critère est l’affectation. Un local affecté à titre principal à l’habitation ouvre droit au taux réduit sur l’ensemble des travaux. Quand la partie professionnelle domine, seule la fraction habitation en bénéficie, et il faut ventiler. Sur ce genre de dossier, écris noir sur blanc dans le devis la clé de répartition que tu as retenue : c’est ta défense en cas de contrôle.
Deux petits chantiers rapprochés qui font basculer l’ensemble
La règle des 10 % de surface en plus et de la production d’un immeuble neuf s’apprécie sur une période de deux ans, de quantième à quantième, d’après les dates des factures définitives. Un client qui te fait agrandir de 8 % en mars, puis de 5 % l’année suivante, dépasse le seuil. Le taux réduit tombe rétroactivement. Quand tu sens un client qui découpe son projet en tranches, pose-lui la question avant de chiffrer.
Ton client n’est pas d’accord sur le taux
Ça arrive plus souvent qu’on ne croit, et toujours dans le même sens : il veut 5,5 %, tu es à 10 %. Ne cède pas pour signer. C’est toi qui portes le risque, pas lui. La doctrine prévoit la sortie de conflit : en cas de désaccord sur le taux applicable, le client comme l’entreprise peuvent saisir la direction départementale des finances publiques, qui se prononce sur la base des éléments transmis. Dis-le à ton client. En général, la conversation s’arrête là.
Deux situations où la question du taux ne se pose pas comme tu crois
Tu interviens en sous-traitance. Sur des travaux immobiliers réalisés pour un donneur d’ordre assujetti, la TVA est autoliquidée : tu factures hors taxes, avec la mention « autoliquidation », et c’est l’entreprise principale qui déclare la taxe. Le débat 10 ou 20 % ne t’appartient plus, c’est elle qui l’arbitre vis-à-vis du client final. Ce qui t’appartient, en revanche, c’est de ne pas facturer de TVA par erreur : une TVA facturée à tort est due, et ton donneur d’ordre ne pourra pas la déduire.
Tu es en franchise en base. Tu ne factures pas de TVA du tout, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». La question du taux ne se pose donc pas — jusqu’au jour où tu franchis le seuil en cours d’année. Là, tu deviens redevable, et tu récupères d’un coup toutes les questions de cet article, sur des chantiers déjà signés. Si tu approches du plafond, mets les mentions dans tes devis avant d’en avoir besoin : ça ne coûte rien, et ça évite de courir après les signatures de clients partis en vacances.
Le bon taux, sur la bonne ligne, sans y penser
Personne ne se lève le matin en se disant qu’il va réviser le BOFiP. Le problème n’est pas de connaître la règle, c’est de l’appliquer à 19 h sur le devis de Sylvie, avec trois taux à ventiler et une mention à ne pas oublier. Avec Artisania, tu dictes le chantier depuis la camionnette : le devis se monte calibré sur tes prix, chaque ligne porte son taux, la mention de certification est déjà en place au-dessus de la signature, et le document part au client avant que tu sois rentré.
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Questions fréquentes
Sources des réponses ci-dessous : BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40, BOI-LETTRE-000280 et l’actualité BOFiP sur la loi de finances pour 2025.
L’attestation TVA à taux réduit existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. Les formulaires Cerfa 1300-SD et 1301-SD ont disparu le 16 février 2025, avec l’article 41 de la loi de finances pour 2025. Ils sont remplacés par une mention que le client porte directement sur le devis ou la facture, par laquelle il certifie que les conditions du taux réduit sont remplies. Les modèles officiels de cette mention ont été publiés au BOFiP le 22 octobre 2025, sous la référence BOI-LETTRE-000280.
Que se passe-t-il si la mention manque sur le devis ?
Le taux normal de 20 % s’applique à l’ensemble des prestations. Le BOFiP est explicite : si les éléments n’ont pas été certifiés par le preneur, si les informations sont incomplètes, ou si le devis ou la facture n’a pas été conservé par le prestataire, c’est 20 % sur tout. Et c’est l’entreprise, pas le client, qui reste débitrice du complément de taxe.
Faut-il la mention pour un simple dépannage de 200 € ?
Non. Pour les travaux de réparation et d’entretien inférieurs à 1 000 € TTC, la mention n’est pas exigée. Mais le document doit quand même porter quatre informations : le nom et l’adresse du client, l’adresse de l’immeuble concerné, la nature des travaux, et la mention que l’immeuble est achevé depuis plus de deux ans.
Quel taux de TVA pour le remplacement d’une chaudière gaz ?
Vingt pour cent. Depuis le 1ᵉʳ mars 2025, la fourniture et l’installation d’une chaudière susceptible d’utiliser un combustible fossile sont exclues des taux réduits, y compris pour les systèmes hybrides qui gardent un appoint fossile. En revanche, l’entretien et la réparation d’une chaudière déjà en place restent au taux réduit.
Peut-on appliquer deux taux différents sur un même devis ?
Oui, et c’est même obligatoire dès que le chantier mélange des natures de travaux. L’entreprise doit faire apparaître distinctement, dans sa comptabilité comme sur ses devis et factures, la part relevant de 5,5 %, celle relevant de 10 % et celle relevant du taux normal. Une entreprise générale qui intervient sur plusieurs lots techniques doit les individualiser sur la facture.
Quel taux pour des panneaux photovoltaïques ?
Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, la livraison et l’installation d’équipements solaires d’une puissance maximale de 9 kilowatts-crête relèvent du taux de 5,5 %, sous réserve du respect des critères de performance énergétique et environnementale. Au-delà de 9 kWc, on reste au taux normal.
Combien de temps faut-il conserver les devis portant la mention ?
Jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation. Pour un chantier facturé en 2026, cela donne le 31 décembre 2031. Le client comme l’entreprise doivent en garder un exemplaire, et le prestataire peut le conserver sous format électronique non modifiable.
Qui paie si le client s’est trompé dans sa certification ?
Cela dépend. Quand le client a certifié de bonne foi des éléments inexacts, c’est lui qui est redevable du complément de taxe. Mais dès lors que l’entreprise n’a pas obtenu la certification, ou qu’elle a facturé au taux réduit des équipements qui en sont exclus, elle reste seule débitrice du complément. C’est la raison pour laquelle la mention se récupère au moment du devis, pas après le chantier.
Sources
Les taux et obligations ci-dessus sont ceux en vigueur à la date de publication, d’après la doctrine BOFiP mise à jour le 22 octobre 2025. La fiscalité des travaux bouge chaque année : sur un cas qui engage ton devis, remonte à la source primaire ou demande à ton comptable.
- TVA — Taux réduits — Travaux portant sur des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans — Modalités d’application (BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40) — BOFiP — Direction générale des Finances publiques, consulté le 12 août 2026 · source primaireCertification portée par le preneur sur le devis ou la facture (§ 60 à 85), dispense de mention sous 1 000 € TTC pour la réparation et l’entretien et informations qui restent obligatoires (§ 90), conservation jusqu’au 31 décembre de la cinquième année (§ 100), attestation annuelle des gestionnaires de parc (§ 105), obligation de ventilation comptable (§ 120), application du taux normal à l’ensemble des prestations en cas de certification absente, incomplète ou non conservée (§ 130), travaux d’urgence dans un immeuble de moins de deux ans (§ 140 à 160), saisine de la DDFiP en cas de désaccord sur le taux.
- LETTRE — TVA — Modèles de mention valant certification pour des travaux de rénovation (BOI-LETTRE-000280) — BOFiP — Direction générale des Finances publiques, consulté le 12 août 2026 · source primaireTexte intégral des deux mentions officielles reproduites dans cet article (10 % au sens de l’article 279-0 bis du CGI, 5,5 % au sens de l’article 278-0 bis A du CGI) et du modèle d’attestation annuelle pour les gestionnaires de parc de logements.
- Article 279-0 bis du code général des impôts — Légifrance, consulté le 12 août 2026 · source primaireBase légale du taux de 10 % sur les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien, certification par le preneur, et exclusion des prestations comportant la fourniture ou l’installation d’une chaudière à combustibles fossiles (loi de finances pour 2025, article 32).
- TVA — Travaux de rénovation, rénovation énergétique et équipements solaires (articles 32, 41 et 42 de la loi de finances pour 2025) — BOFiP — Direction générale des Finances publiques, consulté le 12 août 2026 · source primaireExclusion des chaudières à combustibles fossiles du taux réduit au 1ᵉʳ mars 2025, taux de 5,5 % sur la livraison et l’installation d’équipements solaires d’une puissance maximale de 9 kWc au 1ᵉʳ octobre 2025, suppression de l’attestation écrite au profit de la certification sur le devis ou la facture.
- TVA — Taux réduits — Travaux portant sur des locaux à usage d’habitation — Opérations concernées (BOI-TVA-LIQ-30-20-90-20) — BOFiP — Direction générale des Finances publiques, consulté le 12 août 2026 · source primairePérimètre du taux réduit (main-d’œuvre et fournitures apportées par l’entreprise) et exclusions : gros équipements, équipements ménagers, mobilier, nettoyage, aménagement et entretien des espaces verts.
- Taux de TVA pour les travaux de rénovation d’un logement — Service-public Entreprendre, consulté le 12 août 2026 · source primaireSynthèse officielle des trois taux, conditions d’ancienneté et d’usage du logement, liste des travaux éligibles au 5,5 % et des travaux exclus, certification portée sur le devis ou la facture.
- Chaudières gaz et fioul — TVA à 20 % depuis le 1ᵉʳ mars 2025 — CAPEB — Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, consulté le 12 août 2026 · source primaireLecture professionnelle de l’exclusion : fourniture et pose à 20 % y compris pour les systèmes hybrides à appoint fossile, maintien du taux réduit sur l’entretien et la réparation des chaudières existantes.
- Autoliquidation de la TVA dans le BTP (sous-traitance) — Service-public Entreprendre, consulté le 12 août 2026 · source primaireFacturation hors taxes par le sous-traitant, mention « autoliquidation » obligatoire, déclaration de la taxe par l’entreprise principale, pénalité de 5 % en cas d’omission.
- Franchise en base de TVA — Service-public Entreprendre, consulté le 12 août 2026 · source primaireDispense de déclaration et de paiement de la TVA, mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI », et bascule au régime réel en cas de dépassement du seuil en cours d’année.
- Attestation TVA — suppression et remplacement par une mention à porter sur le devis ou la facture — FFB — Fédération française du bâtiment, consulté le 12 août 2026 · source primaireConfirmation professionnelle de la disparition des formulaires Cerfa 1300-SD et 1301-SD à compter du 16 février 2025.
